Arbitrage : Comment sont-ils devenus arbitre ?

Publié le 26/10/18

A l’occasion des Journées Nationales de l’Arbitrage, Thomas Charabas et Tual Trainini, arbitres de TOP14, se plongent dans leurs souvenirs de jeunesse.

Racontez-nous les circonstances dans lesquelles vous avez découvert l’arbitrage ?

Thomas CHARABAS : « J’étais élève de première au lycée René Cassin de Bayonne. Un mercredi dans le cadre de l’UNSS mon équipe ne jouant pas, on m’a proposé d’arbitrer un match entre deux autres lycées. A la fin de la rencontre, Henri Rousselle, responsable des arbitres au sein du Pôle Espoir du lycée m’a demandé si cela me plairait de continuer. J’ai accepté sans réelle conviction, car je voulais continuer à jouer, mais de fil en aiguille grâce aux réunions organisées par le Comité je me suis pris au jeu. Et puis tout est allé très vite, la Pro D2 à 24 ans et le Top 14 depuis 2014. »

Tual TRAININI : « J’avais 19 ans, j’arbitrais depuis quelques mois lorsque Mourad Zitouni et Bruno Bise m’ont amené voir le match Narbonne-Toulouse pour lequel ils étaient tous deux assistants d’Eric Darrière. J’ai eu le privilège de vivre le match sur le bord de la touche avec en prime une oreillette qui me permettait d’écouter la communication entre arbitres. Ce fut une révélation. Après le match, dans les vestiaires, j’ai été le témoin d’une discussion entre Guy Novés et Eric Darrière qui ne partageaient pas le même point de vue sur l’arbitrage de la rencontre tout en restant très courtois. Deuxième choc ! Ce jour-là, j’ai plongé dans l’arbitrage en me disant que la vie d’arbitre de haut niveau devait être passionnante … et à 33 ans je n’ai pas changé d’avis ! »

Quelles sont les qualités qui vous paraissent indispensables pour devenir un bon arbitre ?

Thomas Charabas : « Je parlerais plutôt de prédispositions, de tempérament, de caractère. Bien sûr, la connaissance parfaite de la règle accompagnée d’une bonne dose de sang froid en toutes circonstances est un passage obligé, comme la capacité à contrôler ses émotions. Mais par-dessus tout il y a, à mon sens, chez tous les arbitres une aptitude élevée à la prise de décision. Et c’est là qu’intervient le caractère, sa force, sa détermination. Il ne faut pas avoir peur de siffler, de mettre fin à une situation de crise ou de conflit, ou d’arrêter le jeu tout simplement. Le courage est donc indispensable à la pratique de l’exercice. »

Tual Trainini : « Il faut non seulement connaître la règle mais savoir aussi la maîtriser en situation, l’adapter au jeu produit pour mieux accompagner le scénario du match. Du bon sens, du recul, du sang froid, en n’oubliant pas que l’on ne peut pas plaire à tout le monde. L’aspect analytique est essentiel mais il faut aussi pondérer toutes les informations qui surgissent de tous côtés. Le courage, l’intégrité et l’humilité font partie de la panoplie de l’arbitre et en les cultivant m’ont fait grandir en tant qu’homme. Je suis persuadé que la notion de plaisir doit être toujours présente, sinon cela n’a pas beaucoup d’intérêt. »

La FFR a voulu mettre l’accent sur l’arbitrage féminin à l’occasion de ces Journées de l’Arbitrage. Pourquoi selon vous ?

Thomas Charabas : « Parce qu’on en manque tout simplement. En termes de licenciées le rugby féminin a connu au cours de la décennie un essor remarquable, mais l’arbitrage au féminin n’a pas suivi. D’où la volonté de la Fédération Française de Rugby, et donc de la DNA, de faire un gros effort dans ce domaine. A ce jour seule Aurélie Groizeleau de la ligue Nouvelle Aquitaine, arbitre en Pro D2, et s’apprête à faire son entrée dans le concert international puisqu’elle dirigera le match entre l’Italie et l’Afrique du Sud le 25 novembre. »

Tual Trainini : « On a pris du retard dans ce domaine, contrairement à d’autres nations. J’ai des noms qui me viennent : Alhambra Nievas, l’Espagnole, Sara Cox l’Anglaise ou encore Joy Neville, l’Irlandaise. Certes le rugby est un milieu à dominante masculine mais quand on voit les résultats de notre équipe nationale et le niveau des clubs d’Elite féminines, on peut estimer que former au moins deux femmes arbitres par Ligue pourrait nous permettre de rattraper ce retard. Tant mieux que la politique fédérale aille dans ce sens et que ces journées de l’arbitrage aient pour vocation de sensibiliser l’ensemble du rugby français. »

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