Arbitrage : Ne rien perdre de vue

Publié le 12/02/19

À l’image du XV de France avant ses échéances internationales, le corps arbitral prend soin de sa préparation physique avec l’objectif de continuer à exceller au plus haut niveau. Des pieds à la tête, aucun aspect n’est négligé, avec cette saison une nouveauté : le travail sur la vision périphérique et la rapidité de décision qui en découle.

Joël Dumé a réuni ses troupes en décembre au siège de la FFR et de la DTA, au sein du CNR de Linas-Marcoussis, afin de leur faire passer des tests physiques poussés et de faire un point sur l’homogénéité de l’arbitrage tricolore du secteur professionnel. Des vestiaires aux salles de réunion, en passant par le terrain couvert, des ateliers se succèdent au cours de la matinée ; physique, technique, optique, tous les domaines sont abordés.

Un travail appliqué, néanmoins ponctué par des moments de détente comme en atteste ce 3 vs 3 ludique sur un quart de terrain joué par les Garcès, Poite et autre Ruiz, en attendant la suite d’un test de motricité concocté par Mickaël Simon, leur préparateur attitré depuis bientôt une demi-douzaine d’années. « On constate une évolution pleineau niveau physique depuis qu’ils se préparentcomme des sportifs de haut niveau, confie l’ancien préparateur physique du RCT (2005-2009). On voit qu’ils sont plusaffûtés, plus physiques, plus précis surleurs déplacements aussi. »

Une précision érigée en leitmotiv par Joël Dumé, le Directeur technique national de l’arbitrage, qui cherche à diversifier les axes d’apprentissage de ses ouailles, afin de continuer à les faire évoluer au maximum de leur potentiel : « Ce stage s’inscrit dans laformation continue de l’arbitrage, précise le DTN. Tous les mois ou les mois et demi,on a l’habitude de réunir les arbitres et lesarbitres vidéo. Auparavant, on était plussûr de d’analyse vidéo, technique, en montrantdes cas de jeu qui ont posé problème.Cette fois-ci, pour se remettre en questionen termes de pédagogie, et pour intéresser apprentissage,avec deux axes principaux : d’abord,recréer des situations de match, avec toutce que cela implique de fatigue récurrentepour l’arbitre, avec des situations danslesquelles on leur impose des prises dedécision, sur le terrain, voire des prisesde décision en mouvement. Dans un deuxièmetemps, travailler avec Jean-BaptisteFouroux sur la vision périphérique,toujours en recréant des conditions dematch, où ils ont beaucoup de choses àobserver, pas simplement le porteur deballon, mais aussi les partenaires, lesadversaires, etc. »

Lutter contre la fatigue visuelle

Après une batterie de tests physiques et oculaires, vient le moment d’affronter la série d’examens élaborés par Jean-Baptiste Fouroux. Ce dernier a également évalué les joueurs de Jacques Brunel juste avant le premier rendez-vous de l’automne, début novembre, face à l’Afrique du Sud. « À l’aide detechniques d’optométrie fonctionnelle,j’essaie de faire un bilan sur le systèmevisuel, de déterminer s’il a des faiblesses,pour ensuite adapter le programme detravail par rapport au poste et au joueur, confie le fils de Jacques Fouroux, aussi précis dans ses explications techniques que l’était son père dans sa direction tactique. Le cerveau peut être considérécomme un muscle. Mon père disait toujoursque le muscle le plus important aurugby, c’est celui qu’on a entre les deuxoreilles. L’œil n’est qu’un capteur qui envoiedes informations au cerveau par le nerf optique.Mon travail c’est d’améliorer le tempsde réaction, la rapidité de prise d’informationsvisuelles et leur traitement. Pour lesjoueurs comme pour les arbitres, si on n’apas les bonnes données au bon moment, cequi se joue en millièmes de secondes, on aplus de risques de prendre la mauvaise décision. »

Une analyse partagée par Mickaël Simon : « On sait que le champ de vision seréduit avec la fatigue. Mais il n’y a que laréalité du terrain qui compte. Est-cequ’à la 40e minute d’un matchinternational, les arbitres vontavoir la bonne prise de décision? C’est pourquoi oncrée une corrélation entretravail physique et testsde vision périphérique.On verra, surune ou deux années,quels sont les bénéficesqui peuvent êtretirés de ce travail. »

« À terme, on envisage que chaque arbitre dispose chez lui d’un outil informatique qui lui permettra de travailler individuellement sur cette vision, conclut Joël Dumé. Ce n’est qu’en pratiquant qu’on deviendra meilleurs. »

Arbitrage vision

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