L’Arbitrage prend de la hauteur

Publié le 05/01/18

Une série de vidéos réalisée grâce à l’aide d’un drone explique par les images les nouvelles règles concernant la sortie de terrain du ballon. Une technologie au service de l’arbitrage qui présente de nombreux avantages.

C’est un jour de grand soleil sur l’Essonne, idéal pour de belles images. Dans un pur ciel bleu, un objet volant identifié survole la pelouse principale du CNR. Une dizaine de mètres plus bas se trouvent le contrôleur en chef du drone, une poignée de joueuses et de joueurs du Pôle France et Philippe Marguin, responsable à la Direction nationale de l’arbitrage (DNA) depuis mars 2017 et de la formation des formateurs en arbitrage depuis bien plus longtemps.

Il y a quatre ans, il est un des premiers acteurs fédéraux à surfer sur cette vague du drone qui déferle sur le pays. « Je me suis vite dit que cet outil serait précieux sur de nombreuses phases de jeu, pour les joueurs comme pour l’arbitre. Certaines perspectives à plat sont trompeuses ». Tout le monde est aujourd’hui convaincu. La Direction Sportive s’est même procuré un drone. « J’ai lancé une mode », sourit cet ancien sifflet de Fédérale 2.

Une mode qui n’a finalement que de bons effets, témoin les résultats du premier tournage. Au programme, la nouvelle règle sur la sortie de terrain du ballon, avec les trois cas de figure existants que sont les lignes de touche, d’en-but et des 22 mètres. Devant, ou plutôt sous l’œil de la caméra, nul besoin d’avoir fait le Cours Florent. De savoir manier un ballon de rugby, si. « Ça a pris quatre heures ! Ce n’était pas simple d’avoir le ballon en train de franchir la ligne comme on le souhaitait sur le plan vertical. Il y a eu de nombreux essais infructueux », se marre cet ancien DTA du comité Rhône- Alpes.

À la manœuvre sur le projet, il a anticipé : « on a réfléchi, écrit des scénarios, fait une mise en scène, détaillé tous les cas de figure pour que les réponses aux nombreuses questions soient les plus claires possible », explique le cinéaste en herbe qui a aussi découvert les joies du dérushage avec quatre heures de film pour à peine quelques minutes utilisées sur une dizaine de vidéos.

Ces séquences filmées seront d’une grande aide pour simplifier l’interprétation des règles, surtout les récentes. Pour Philippe Marguin, la vision est beaucoup plus globale, elle vient de beaucoup plus loin : « notre premier objectif est de mettre en place un plan de formation national de l’arbitrage. Selon les régions, les programmes, les rythmes et les formations sont différents. On est sur une uniformisation avec des documents à disposition de tous les formateurs, des PowerPoint, des vidéos… Des films, on en avait, mais uniquement sur le monde professionnel. Un arbitre de première série n’a pas les mêmes problématiques. Depuis plusieurs années, on compile tout ce qu’on a dans une base de données pour que les arbitres des divisions inférieures se reconnaissent aussi au travers des images ».

Drone

D’autres règles seront bientôt décortiquées, prouvées par l’image, parfois à la demande des formateurs ou des arbitres. Leur utilisation ne se bornera pas à l’éclaircissement de certaines lois du jeu opaques. La DNA veut également travailler sur le déplacement des hommes au sifflet, surtout les jeunes candidats. « On veut travailler sur le placement de l’arbitre, à tous les niveaux. On utilisera aussi le drone pour atteindre cet objectif. On les filme en séance pour qu’ils voient comment ils se déplacent eux-mêmes sur le terrain. On analyse leurs mouvements en corrélation avec ceux des joueurs. L’objectif d’un arbitre est de tout voir sans jamais gêner ». Et cela fonctionne aussi bien en pro qu’en honneur. « Un arbitre de Top 14 peut s’appuyer sur ses juges de touche, sur la vidéo. Au niveau amateur, ce ne sont pas les mêmes difficultés, les mêmes appréhensions. Il n’y a ni aide humaine ni aide technique. On va créer des situations types. On veut mettre en lumière les avantages et les inconvénients de chaque placement ».

D’autres apports technologiques viennent renforcer peu à peu l’attirail mis à disposition de la formation des arbitres. Ceux des deux divisions professionnelles sont les seuls à bénéficier également d’un appui audio, en match. Sur des séances d’entraînement, les jeunes et futurs directeurs de jeu peuvent aussi bénéficier d’une aide sonore. Sur le bord du terrain, un référent peut en temps réel interroger un arbitre en formation. « Que pense-t-il de son placement à un instant T ? Est-il en bien positionné pour analyser le jeu ? Voit-il bien le ballon ? » Philippe Marguin insiste : « Il sera en relation avec quelqu’un pour l’aider à réfléchir à la problématique instantanée posée. Il ne va pas l’influencer, mais l’orienter pour le faire progresser. »

L’ancien conseiller technique suit également de près le projet fédéral d’une e-université qui doit soulager de nombreux arbitres bénévoles souvent en déplacement pour des réunions de formation. « On veut dématérialiser tout ça, faire du e-learning, de la formation à distance. » En achetant son drone il y a quatre ans, Philippe Marguin ne se doutait sûrement pas de l’influence majeure que l’objet volant identifié allait prendre dans le ciel du rugby français.

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