Formation : Une belle avancée technique

Publié le 05/01/18

Devant un match du XV de France ou de série régionale, on entend trop souvent la même critique : « trop de carencestechniques ! ». « Ça veut tout etrien dire », conteste Riadh Djait, l’entraîneur national en charge de la formation des entraîneurs et éducateurs.

« Il y a trop de choses derrière le mot technique et nous voulons clarifier tout cela, avance RiadhDjait. La formation du joueur doit se concevoir comme un plan de développement à long terme. » Depuis plusieurs mois, deux équipes réactualisent le plan de formation du joueur, l’une sous la conduite de Christian Galonnier (écoles de rugby), l’autre, sous la direction de Philippe Rougé-Thomas, pour les catégories supérieures. Cette version rafraîchie sera à disposition de tous les éducateurs du pays en septembre 2018. Elle sera agrémentée de vidéos, de schémas explicatifs, de textes descriptifs qui faciliteront sa mise en œuvre dans tous les clubs.

D’une manière générale, pour mieux répondre aux besoins des enfants des écoles de rugby, le développement passe par des mises en situation à l’entraînement proches de la réalité du jeu. Riadh Djait : « L’ancienne version n’était pas obsolète,mais pas toujours appliquée dans lesécoles de rugby. L’objectif est de l’actualiser, dela simplifier, et de la vulgariser. Nous voulonsrendre ce plan de formation plus accessible àtous les éducateurs. Nous constatons que, sousprétexte de travailler la technique, beaucoupd’écoles de rugby se sont éloignées du jeu, etdu plaisir à le pratiquer », soupire l’entraîneur national.

Il s’agit globalement “d’apprendre” à jouer efficacement au rugby et de développer le plaisir, et donc la motivation à pratiquer. Lier plaisir et efficacité reste finalement l’objectif ultime de tout sportif.

Au rugby comme dans les autres sports collectifs, le contexte est en permanence modifié par l’adversaire, les partenaires et la situation de jeu. Chaque joueur possède son bagage personnel, composé de plusieurs ressources : les habiletés perceptives et décisionnelles, techniques, physiques, mentales et sociales.

Pour le développement harmonieux du rugbyman, aucune de ces ressources ne doit être négligée, car toutes sont utilisées lors d’un match. « Nous n’avonsjamais dit que latechnique n’est pasimportante, nous affirmonsqu’aucune de ces ressources n’estplus importante que les autres,qu’elles agissent les unes sur lesautres, donc qu’elles sont toutesimportantes. » Le fil conducteur à maintenir est celui du rapport à la réalité du jeu, en donnant du sens à ce qui est proposé aux entraînements.

« Il faut agir sur les éléments qui ont une influence sur le geste et son contrôle. On n’est pas forcément dans le jeu réel avec plaquages, mais on veut s’en rapprocher beaucoup plus »,poursuit ce conseiller technique depuis plus de vingt ans. Les situations d’entraînement sont aménagées en respectant les réalités du terrain au niveau du rythme,des intensités et directions de courses, des positions et déplacements des partenaires et adversaires,le sens de circulation du ballon, les rapports de force… et en fonction du niveau des joueurs(simplification ou complexification de la situation).

Par exemple, une passe sert à faire avancer un partenaire plus ou moins proche, utiliser un partenaire démarqué, éliminer un adversaire en le fixant,éloigner le jeu d’une zone de forte pression ou lancer le jeu. Dans le cas de situations sans opposition,le « rôle » de la passe doit rester présent. Ce qui précède la passe et ce qui suit la réalisation de lapasse sont à prendre en compte dans les situations proposées. Au niveau du matériel, pas besoin de boucliers ou de sacs de plaquage,qui produisent souvent plus d’effets pervers que bénéfiques ; quelques plots, balises et le plus possible de ballons suffisent.

Le nouveau plan de formation, vidéos à l’appui, proposera de nombreuses situations d’entraînement favorisant les transferts en match. « Être bon techniquement, c’estutiliser cette technique à bon escient, au bonendroit, au bon moment. On veut permettreau joueur d’automatiser un certain nombrede gestes, ce qui lui permettra une liberté dansses choix et de ne pas être envahi par des penséesparasites », assure le cadre technique.

Il n’aime guère le mot « skills », et il regrette une interprétation souvent erronée des éducateurs français, avec des mises en situation très fermées, trop éloignées des conditions vécues en match et des files d’attente trop importantes. « En école de rugby, la spécialisationà un poste n’est pas unepriorité. Le principe est de développerune forte polyvalence techniquechez tous les joueurs del’école de rugby pour leur permettrede tenir efficacement tousles rôles sur le terrain. Ces “bases”leur permettront ensuite d’acquérirefficacement les techniquesspécifiques liées à des postes particuliers », convainc Riadh Djait.

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