Retière : « On a renversé la pyramide »

Publié le 18/10/17

Le Directeur Technique National s’explique sur la nécessité de la réforme de la formation.

Pourquoi cette réforme de la formation était-elle devenue nécessaire ?

Didier RETIERE (DTN) : Malgré tous les organismes présents sur le terrain et la décentralisation de la FFR, les clubs avaient l’impression de fonctionner seuls. L’objet même de la Fédération était perdu, la vision globale n’était plus là. Le haut niveau porte aujourd’hui les carences du manque de développement du passé. Ce développement de la pratique est longtemps resté un parent pauvre. Ce qui change aujourd’hui, c’est la volonté d’avoir un projet global, cohérent. Le haut niveau ne doit plus aller chercher des objectifs opposés à la philosophie mise en place en termes de développement de la pratique. Générer cette cohérence était un gros travail.

Présentez-nous en quelques mots cette réforme ?

Didier RETIERE : On a renversé la pyramide ! Au lieu de partir de Paris et du siège, on part des clubs pour essayer de construire quelque chose de plus cohérent et adapté. On a ainsi été amenés à réorganiser toutes les prestations qui seront offertes aux clubs pour pouvoir les accompagner dans un environnement qui a beaucoup évolué.

Le club revient donc au centre de toutes les attentions de la FFR ?

Didier RETIERE : C’était la base du programme de Bernard Laporte. Il a fait le tour de France des clubs. Leurs besoins sont devenus des objectifs. Le rôle de la Fédération est de les épauler, tous, et de leur donner les moyens pour mettre en œuvre leur activité du mieux possible. On fait vivre aussi l’indépendance et l’autonomie. Le but n’est pas que la Fédération fasse les choses à la place du club. Ce dernier doit être l’acteur principal de son projet. La FFR, avec son réseau, ses expertises et ses moyens, est là pour l’aider.

Comment aider 1 895 clubs à la fois ?

Didier RETIERE : On doit s’assurer qu’il y ait une concertation régulière des clubs. On veut qu’ils soient les plus impliqués possible dans le projet fédéral. On fait régulièrement des enquêtes, sur la formation, les écoles de rugby, les emplois… Il y a aussi des représentants de la Fédération dans des groupes de travail sur le terrain et il y aura bientôt un conseil consultatif des territoires qui va nous permettre aussi d’entendre les représentants des clubs, des départements et des régions.

Formation : Au cœur du projet fédéral

Le calendrier des compétitions fédérales de jeunes a aussi été révolutionné…

Didier RETIERE : C’était l’une des clés de voûte, de nombreuses choses y étant liées. C’était un vrai casse-tête, car tout le monde veut toujours jouer plus ! Il n’y a malheureusement que 52 semaines par an. Des choix ont donc été faits. On veut que tous les gamins jouent autant, quel que soit leur niveau. Il faut aussi des phases de récupération, de développement et de compétition. On a également souhaité un calendrier lisible et facile à comprendre. Avant, un joueur pouvait jouer en club un week-end, puis en sélection régionale le suivant, puis en équipe de France, avec des projets de jeu et des rythmes différents. On a balisé des phases, lisibles pour les clubs et les joueurs. Une grosse révolution.

Comment a été reçue la nouvelle phase de brassage par les clubs concernés ?

Didier RETIERE : Ça a mis un peu de pression à certains (rires), mais il nous faut des compétitions attractives, où les équipes sont challengées. Deux équipes étaient en énorme difficulté dans chaque poule. Quel était l’intérêt ? Leur niveau était souvent lié à l’équipe pro. C’est terminé. Ça sous-entend qu’il faut un projet de formation où les équipes jouent au niveau espéré.

Une vingtaine d’académies vont remplacer les anciens pôles Espoirs. Pourquoi ?

Didier RETIERE : Pour éviter que les joueurs soient à 300 kilomètres de chez eux et qu’ils ne soient plus coupés de leur club. On veut passer sur ce dispositif à la rentrée 2018 avec un déploiement progressif sur les deux saisons suivantes. On doit avoir des garanties sur la qualité du travail qui va être effectué. On veut utiliser les bons enseignements de ce qui a fonctionné sur les pôles Espoirs. Le lien avec l’Éducation nationale, notamment, était très fort, avec ce double projet (sportif et scolaire). On est à 100 % de réussite au bac et c’est quelque chose de très important. Il existe un vrai suivi pour permettre cette réussite, c’est incontournable.

Ces académies vont-elles reprendre le mode de fonctionnement des pôles Espoirs ?

Didier RETIERE : Globalement, oui. Ce qu’on veut, c’est un quadrillage plus fin et cohérent, pour les garçons comme pour les filles. Et ce n’était pas gagné pour les filles ! Ça va aider certains clubs à se structurer par rapport à ce projet de formation. On aura notre rôle d’accompagnateur à jouer. On va pouvoir partager, il y aura des échanges de compétences. On va mettre en place une formation continue des entraîneurs de club et créer une vraie synergie, ce qui n’existait pas. Avant, chacun était dans son coin. C’est ce qui est déjà en train de changer.

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