Les nouvelles recettes du 7

Publié le 18/12/17

Les équipes de France sont reparties à l’assaut d’une saison qui s’achèvera en apothéose en juillet par la Coupe du monde de San Francisco. Le manager général du 7, Christophe Reigt, nous détaille la nouvelle stratégie mise en place pour passer ce cap sur lequel les Bleu(e)s butent depuis trop longtemps.

Une nouvelle aventure a débuté au tout début du mois à Dubaï, où filles et garçons étaient réunis pour disputer la première étape du world Rugby Seven Series. Un point de départ idéal pour le renouveau des équipes de France. Les Jeux olympiques de Rio ont laissé un souvenir impérissable, car le coup n’est, finalement, pas passé si loin (6ème et 7ème).

Si les équipes de France tournent pourtant en rond sur le circuit mondial, trop loin des élites, une page semble se tourner. Le 7 français voit désormais loin et grand. « Pour nos deux équipes, l’objectif est d’entrer dans l’esprit olympique, c’està- dire aller chercher des podiums. Ce doit être l’objectif de chaque tournoi », planifie Christophe Reigt, manager général du 7.

Cette nouvelle saison est particulièrement importante puisqu’elle s’achève par la Coupe du monde à San Francisco. La suivante le sera tout autant, qualificative pour les Jeux de Tokyo, qui font de 2020 un autre grand cru à classer parmi les priorités. Bref, il n’y a pas de temps à perdre.

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Pour donner un souffle nouveau au 7, Christophe Reigt a mis en route plusieurs chantiers. Le premier d’entre eux est d’étoffer et rajeunir les deux effectifs. « On est un peu plus en avance chez les filles, car le groupe est quasiment maintenu. Il est juste élargi à 23 avec de jeunes joueuses à fort potentiel qui vont apporter du sang neuf et de la concurrence, analyse-t-il. Chez les garçons, on repart sur un noyau qui a vécu son dernier cycle avec 50 % de renouvellement de l’effectif. Il y a eu des arrêts, des fins de carrière ou des passages à XV comme Terry (Bouhraoua) ou Virimi (Vakatawa). On a renforcé le groupe en quantité (passé de 15 à 17), car c’est une saison longue qui vient de débuter. Il faut être capable de parer aux blessures, à l’enchaînement de tournois très astreignants, avec beaucoup de déplacements », rappelle le manager général.

Revenu d’une pige à l’UBB, Jean-Pascal Barraque voit un petit inconvénient au départ de ces joueurs historiques. « Le groupe est rajeuni, mais Julien Candelon et Vincent Inigo mettaient beaucoup d’ambiance dans le vestiaire. On doit trouver leurs successeurs ! », dit-il le sourire aux lèvres.

Sur le terrain aussi, il faut trouver des successeurs. Après une année de transition, l’effectif masculin aura sans doute besoin de temps pour trouver de solides repères. « Les résultats de l’an dernier ont été très fluctuants, loin de nos espoirs. Ça nous a néanmoins permis de prendre des risques. On a ainsi pu voir énormément de joueurs dont la plupart sont aujourd’hui dans le groupe. Une année à grosse pression, on ne les aurait sans doute pas appelés », convient Christophe Reigt.

Sur le banc tricolore, la donne et les visages ont bien changé. L’entraîneur en chef, Jérôme Daret, et son adjoint, Nicolas Le Roux, ont été nommés dès la fin mai. Le consultant de luxe, Ben Ryan, champion olympique avec les Fidji, est, lui, au chevet des Bleus depuis fin septembre. « Ben est là pour amener son vécu du très haut niveau. Il apporte aussi un côté multiculturel, car il a managé deux nations différentes (NDLR Angleterre et Fidji), les meilleures du monde de surcroît. On a beaucoup d’échanges sur la manière de fonctionner. Son regard sur le rugby français est très intéressant. Il va nous amener des choses en collant à cette philosophie, sans pour autant changer notre identité », assure le manager général.

Il n’a en revanche rien changé au staff de l’équipe féminine. Si elle a perdu des joueuses cadres comme Caroline Ladagnous ou Élodie Guiglion, elle s’appuie sur le même encadrement technique avec David Courteix et Paul Albaladéjo aux commandes. Pour les deux équipes, les racines du mal ont été identifiées. Elles semblent moins profondes chez les filles, qui ont atteint les demi-finales. « L’idée, c’est de se rapprocher du trio de tête, Nouvelle- Zélande, Canada et Australie. Elles doivent se convaincre qu’il est possible de battre ces équipes », espère Christophe Reigt.

Chez les hommes, de l’avis de tous, c’est entre les deux oreilles que le problème principal s’est logé. Christophe Reigt insiste d’ailleurs sur ce point. « Il faut vraiment évacuer cette peur de perdre, de mal faire qui nous empêche de nous exprimer. On sait qu’on est proches d’équipes qui jouent les podiums à chaque étape. Il n’y a aucune raison qu’on n’y arrive pas. Un seul exploit en poules peut faciliter la tâche pour la suite du tableau, alors la confiance est là ! On fait souvent de beaux deuxièmes jours, mais pas dans le bon tableau ». Jean-Pascal Barraque fait le même diagnostic : « On doit se dire qu’on fait partie du haut de tableau, se rappeler qu’on est une grosse nation de rugby. On peut nous aussi le faire, c’est dans la tête. On a tous les arguments pour rivaliser, mais on manque par moment d’un peu de rigueur ».

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À son retour de Bordeaux fin octobre, l’ancien demi d’ouverture biarrot a découvert certains changements à Marcoussis. « La manière de s’entraîner n’est plus la même. On est sur des cycles plus longs et plus cadrés. On doit s’adapter net laisser sa chance à cette nouvelle organisation », dit-il. « On n’a pas encore un modèle optimal mais on cherche des solutions entre autres avec le Pôle France, renchérit son manager. On est en train de bâtir les choses. Il ne faudra toutefois pas s’entêter si ça ne donne pas les résultats escomptés. Il faudra vite passer à autre chose ». Sa double casquette doit aussi être un atout pour ses deux équipes. « Je m’attache à insuffler un fonctionnement commun. On a rapproché les staffs masculins et féminins. Il y a une unité de lieu qui va aider à la communication. On travaille aussi sur des idées communes aux deux équipes ».

Ces équipes possèdent un autre point commun, elles sont toutes deux qualifiées pour San Francisco. Un billet gagné par les Bleus lors de la dernière édition en 2013 (5ème), à Clermont cet été par les filles. « Avec un format inédit à élimination directe, il y aura d’énormes surprises, salive Christophe Reigt. On partira tous à égalité... ». L’été californien, le stade de baseball des Giants de 42 000 places, des matches couperet, tout est réuni pour une magnifique apothéose. « Ça donne très envie. On n’ira pas pour faire de la figuration, mais pour gagner. Il faudra arriver énervés à chaque match, insiste Jean-Pascal Barraque. On est plutôt bons sous la pression en général. Je pense qu’on sera bien préparés pour cette Coupe du monde. On veut qu’en arrivant là-bas, les autres nous craignent ».

L’heure est en effet venue pour les adversaires d’avoir une peur bleue...

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