France – Angleterre : Au centre du choc

Publié le 09/03/18

Pour contrer la puissance de Mathieu Bastareaud, le sélectionneur anglais a préféré l'imposant Ben Te'o au virtuose Jonathan Joseph.

Pour son retour dans le Tournoi (il avait joué les tests de no­vembre mais sa dernière participation au Tournoi remontait à 2015), Mathieu Bastareaud n’a pas raté l’occasion offerte par Jacques Brunel. Solide en défense, appliqué en attaque, il fut à l’origine du deuxième essai français grâce à une passe après contact décisive avant d’inscrire le troisième, tout en puissance.

On attend de lui désormais qu’il renouvelle ce type de match contre les Anglais, même si l’adversaire sera moins facile à manœuvrer. Son comportement face aux Italiens n’est pas passé inaperçu, de l’autre côté de la Manche. Eddie Jones a mis en garde ses joueurs. « Bastareaud est un joueur unique en son genre, notamment par son physique qui diffère de ceux des autres centres mais aussi par ses qualités, a-t-il déclaré dans la semaine précédant le match ce samedi, au Stade de France. C'est un solide plaqueur et surtout un excellent grat­teur qui est capable de disputer le ballon comme le faisait George Smith ».

Peut-être le troisième ligne australien a-t-il inspiré Mathieu Bastareaud, puisque les deux hommes ont joué ensemble sous le maillot du RCT. Cette réflexion du sélec­tionneur de l’Angleterre démontre à quel point son profil atypique interpelle les Anglais. Le rôle d’impact player dans lequel il a souvent été confiné s’est aujourd’hui étoffé. Celui dont on disait qu’il était un coffre à ballons, joue désormais les passes après contact et les fixations comme nul autre…

« Il a aussi cette qualité de “offload” à la Sonny Bill Williams, a renchéri Eddie Jones. C'est un joueur intelligent en plus d'être solide, dur sur l'homme. Il va nous poser des problèmes ». On adorerait que Jones ait raison ! Une chose est certaine, le Bastareaud nouveau est arrivé, responsabilisé par le brassard de capitaine à Toulon et les nouvelles prérogatives confiées par le duo d’entraîneurs varois Galthié-Landreau. Un bon cru qui ne demande qu’à se bonifier avec le temps.

Face à lui, Mathieu Bastareaud aura fort à faire avec Ben Te'o mais pourrait aussi être confronté à Jonathan Joseph, remplaçant face aux Bleus. Un centre pas les autres !

Jonathan Joseph avait une semaine à peine lorsque son père, Ivan Joseph, ingénieur chimiste dans le pétrole, écrivit sur le livre de naissance de son premier garçon les vœux qu’il aimerait voir exaucer un jour. Parmi eux, cette phrase : « joueur de rugby anglais »… En évoquant ce souvenir, Ivan, natif de Carriacou, une île des Grenadines, ne peut s’empêcher de sourire. Lui qui découvrit le rugby en débarquant en Angleterre, et joua quelques matchs comme ouvreur pour les Saints de Northampton vers le milieu des années 80, rêvait d’un destin international pour son petit « J », surnom affectif qu’il a donné à Jonathan. Le vœu fut exaucé. Pourtant, Jonathan Joseph ne choisit pas tout de suite le rugby. Ado, il est le joueur de tennis le mieux classé dans sa catégorie d’âge du Derbyshire. Son prof d’alors, Ashley Broomhead, lui fait travailler sans relâche sa mobilité et le sens de l’anticipation. Le gamin est doué, « certainement plus qu’Andy Murray au même âge », assure le coach. Il a tout pour réussir dans le tennis, une vitesse de déplacement incroyable, un sens de l’anticipation inné. Mais il s’ennuie dans un sport individuel.

Certainement aiguillonné par la passion paternelle pour le rugby, il rejoint les équipes de jeunes du Derby RFC. Dès lors, rien n’arrêtera l’irrésistible ascension de Joseph. Pas même le déménagement familial vers le sud londonien. Aux London Irish puis à Bath, il réinvente le poste de trois-quarts centre. À l’époque où règnent les déménageurs (Tuilagi, Barritt), qui défient frontalement les défenses, Jonathan joue l’évitement et l’esquive. Sa classe attire l’attention de Stuart Lancaster qui le prend pour la tournée sud-africaine de 2012, avec douze autres nouveaux joueurs. Il y gagne ses premières capes internationales.

Une blessure ralentit sa progression mais Joseph se distingue sur tous les terrains où il joue, pour le plus grand bonheur d’Ivan. Sa prestation à Toulouse, en Coupe d’Europe, un jour de janvier 2015, où Bath vient s’imposer 35-18, est encore dans les esprits. Ce jour-là, le « french flair » était anglais.

Fiches de joueurs

BASTAREAUD Mathieu

1988Année de naissance

50 Nombre de sélections

RC ToulonDernier club

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