Didier Retière : « Avoir une place dans le monde de l’éducation »

Publié le 18/01/19

Le Directeur technique national est chargé du pilotage du dossier Écol’Ovale, programme de grande envergure pour reconquérir tous les milieux scolaires lancé dans les faits par le stage Puidebois. L’occasion pour Didier Retière de revenir en détail sur les objectifs et les moyens d’action mis en œuvre pour réussir cette mission.

De quand date exactement Écol’Ovale ?

Didier RETIÈRE (Directeur Technique Nationale) : « D’il y a deux ans, lorsque plusieurs constats nous remontent des clubs. Ils nous disent qu’il leur est difficile de travailler avec le milieu scolaire. On se fixe alors comme objectif de collaborer avec l’éducation nationale et comprendre son fonctionnement pour entrer en synergie avec elle. »

Quelle est la genèse de ce projet ?

Didier RETIÈRE : « Notre première réflexion a été de savoir comment créer un lien entre les clubs et les écoles. On se rend également compte que nous, fédération, nous faisions beaucoup de rugby scolaire, mais que nous le traitions par le petit bout de la lorgnette. Primaire, secondaire, université, scolaire agricole, apprentissage, on se dispersait, on n’était pas efficaces. Il n’y avait pas de vision d’ensemble ou de cohérence d’un projet à l’autre. Certaines initiatives ont néanmoins bien marché, Planète Ovale ou Graine d’Ovalie par exemple. Il fallait donc renforcer la collaboration entre le monde du rugby et celui de l’éducation. Avoir quelque chose de simple et de cohérent pour harmoniser le tout. »

Écol’Ovale permet donc de regrouper toutes ces initiatives sous un seul nom ?

Didier RETIÈRE : « Exactement. Nous avons d’abord déclenché un groupe de travail à la DTN, ouvert aux gens de l’Éducation nationale, de tous les niveaux, pour réfléchir sur tous les sujets en même temps. Entre le temps de la réflexion et celui de la rédaction du projet définitif, il a fallu plus d’une année de travail. On a écrit un seul projet avec les deux visions en synergie. Pour l’Éducation nationale, il s’agit d’acquérir des compétences via un projet pédagogique ; pour la FFR, c’est de savoir comment le rugby peut trouver une place dans l’environnement du monde de l’éducation. »

Comment cela se concrétise-t-il au quotidien ?

Didier RETIÈRE : « En créant des liens entre les deux tout au long du parcours éducatif de l’élève. Cela va des règles du jeu en scolaire aux groupes Académies fédérales - Pôles espoirs en passant par les sections sportives, la pratique à l’école primaire ou la formation des enseignants. Le tout décliné sur 15 axes de travail. Le but est de créer des vrais parcours centrés sur le rugby, simples et accessibles, et que les gens comprennent facilement comment on peut les mettre en place. »

Des tests ont été organisés en Aquitaine et en Normandie. Quel bilan peut-on en tirer ?

Didier RETIÈRE : « Un des tests consistait à faire travailler conjointement des enseignants des milieux primaire et secondaire et des intervenants de la fédération. On a eu de très bons retours de la part de tous les participants, en particulier des enseignants. C’est l’un des 15 axes de travail d’Écol’Ovale. Ça a aussi mis en avant les nouvelles formes de pratique portées par le projet fédéral dans le cadre de Rugby #BienJoué (touché 2s, rugby à 5, à 7, etc.). Les Ligues ont un rôle important à jouer : décliner le programme en attendant la convention qui sera certainement signée à l’occasion d’un match du Tournoi.

Didier Retière Ecol Ovale

La formation reste donc l’axe de travail principal de ce projet ?

Didier RETIÈRE : « L’un des axes majeurs, oui. Les tests en Aquitaine et en Normandie ont permis de mettre en place ce nouveau mode de formation. Auparavant, c’était les enseignants externes qui mettaient en place les formations pour d’autres enseignants externes. Aujourd’hui, ce sont nos cadres diplômés qui vont le faire. Les CTL (Conseillers techniques de Ligue) vont gérer le projet et les CTC (Conseillers techniques de club) vont le faire tourner localement. Chaque Ligue aura pour mission de mettre en place ces formations d’enseignants en partenariat avec le milieu scolaire local. »

Quelles seront les ressources utilisées ?

Didier RETIÈRE : « La mise à disposition de tous les cadres présents sur les territoires. Leur travail consiste à déterminer la façon d’intégrer le rugby dans les formations des enseignants, dans leur programme. La cadré enfin défini, nous allons monter en puissance au cours des saisons à venir. »

Cette organisation est-elle déjà en place ou va-t-elle l’être rapidement ?

Didier RETIÈRE : « Nous souhaitons être en place à l’orée de la saison prochaine. »

Qui est chargé de faire passer ce message ? L’Éducation nationale ou la FFR ?

Didier RETIÈRE : « C’est un projet « co-construit », les deux institutions collaborent donc étroitement sur ce support d’éducation. Et c’est ce qui change vraiment. Nous avions avant des télescopages entre la logique du système « Éducation nationale » et celle de la fédération. Il fallait arrondir les angles en fonction des personnes. Aujourd’hui, nous mettons en commun nos spécificités et nos manières de fonctionner pour proposer quelque chose d’opérationnel. »


Le programme Écol’Ovale va-t-il devoir être adapté à l’université ou sera-t-il similaire à celui des autres strates de l’Éducation nationale ?

Didier RETIÈRE : « Nous souhaitons voir toutes les formes de pratique du rugby (XV, X, 7, toucher…). On travaille donc sur une refonte globale du système, incluant les compétitions proposées par la FFSU (Fédération française du sport universitaire), qui fonctionne jusqu’à présent sur notre modèle. Sans prendre en compte, par exemple, que certains étudiants souhaitaient jouer au rugby à toucher, sans engagement. Aucune politique globale ne va dans ce sens. Écol’Ovale doit fournir le cadre pour le proposer. »

L’école est-elle l’avenir du rugby ?

Didier RETIÈRE : « Nous sommes persuadés que tous nos futurs licenciés sont aujourd’hui à l’école. Ce partenariat a un effet très structurant. Il permet de faire progresser nos encadrements dans nos clubs et de revenir à la vocation première du rugby, à savoir participer à l’éducation des jeunes. Gagner des compétitions vient bien après. La relation avec le milieu de l’enseignement doit donc être au cœur du projet. Le projet éducatif est l’un des éléments moteurs des clubs, d’où l’importance de faire le maximum pour développer des synergies avec les écoles qui les entourent. Et Écol’Ovale va leur donner les moyens de le faire. »

Réseaux sociaux

Suivez l'actualité des équipes de France et de la FFR sur nos réseaux sociaux

Boutique

Mettez-vous aux couleurs du XV de France et encouragez les Bleu(e)s.

Billetterie

Achetez vos billets pour les matches du XV de France et des équipes de France